Trois livres pour changer de vie… quand on écrit

Aujourd’hui,

Je vais vous parler de livres.

J’ai décidé de participer à l’événement « interblogueurs » lancé par Olivier Roland sur son blog « Des livres pour changer de vie » et je vais vous parler de trois livres qui ont changé ma vie.

Pour être plus précise, je vais surtout vous parler de trois livres qui ont changé mon écriture et ma façon de concevoir mon travail d’écrivain.

Le premier livre qui a opéré un véritable électrochoc quant à ma façon d’envisager l’écriture, c’est « Champion dans la tête » de François Ducasse.

Au départ, je n’ai pas lu ce livre pour améliorer mon écriture, mais pour trouver des moyens et des astuces pour améliorer mon mental quand je participe à des compétitions sportives.

Or ce livre a totalement révolutionné ma manière d’envisager l’écriture et ma façon d’être écrivain.

J’ai commencé à écrire des histoires très jeune, à l’âge de neuf ans. A cette époque, écrire était très facile pour moi. C’était un acte naturel, je noircissais des cahiers sans trop me poser de questions.

Les choses se sont compliquées en grandissant et en prenant conscience du regard des autres. Comme beaucoup de personnes qui rêvent de se lancer dans l’écriture, j’ai commencé à développer des complexes d’infériorité. Je trouvais mes histoires fades, entendues et ridicules. Et ce, alors qu’en face de moi se trouvaient tant de livres écrits par d’autres sur les étalages des librairies. Il s’est alors produit ce qui se passe lorsque l’on se sent nul vis-à-vis d’un sujet qui nous tient à cœur : j’ai arrêté d’écrire. Mes histoires étant mauvaises et toujours inachevées, il m’était plus facile de glisser mes sentiments et mes problèmes d’écriture sous un tapis et de faire comme s’ils n’existaient pas.

Cependant, une passion, quelle qu’elle soit reste une partie de vous. Lorsque j’ai commencé l’université, je me suis remise à l’écriture. J’écrivais alors essentiellement des nouvelles de quelques pages. Mes textes étaient alors empruntés et terriblement mauvais. J’aspirais à être l’écrivain classique qui changerait à jamais le visage de la littérature. J’avais à l’époque cette vision romantique et idéalisée de l’écrivain incompris dont l’art, pourtant si éblouissant, reste incompris par la masse. Vous l’aurez compris, mon trip, c’était l’écrivain maudit : faire de l’art ou mourir.

Cette vision élitiste du métier d’écrivain m’a poursuivi plusieurs années. Elle était nourrie par le cadre universitaire et le regard extrêmement classique et critiques que les intellectuels portent sur l’art et la culture.

Bien qu’aujourd’hui je ne pense plus de cette façon, je ne renierais en aucun cas cette vision des choses car la vivre me permet de comprendre aujourd’hui de nombreux complexes vécus par les auteurs (sentiment de l’imposteur, regard ultra-critique envers soi-même, jugement à l’emporte-pièce du travail des autres…).

Et cette époque a aussi apporté son lot de bonnes nouvelles : j’ai compté parmi les lauréats du prestigieux Prix du Jeune Ecrivain, mon premier roman a trouvé un éditeur et j’ai été l’écrivain fantôme de quelques biographies.

Pourtant, malgré ces réussites, je continuais à me sentir « nulle » quant à mes compétences d’écrivain. J’estimais avoir eu de la chance et je continuais de me comparer aux grandes stars des lettres et à trouver tout ce que je réalisais bien pâle en comparaison.

Je suis sûre que beaucoup d’entre vous qui lisent ces lignes éprouvent ou ont éprouvé ce sentiment, qu’ils aient ou non été publiés ; qu’ils aient ou non terminé un manuscrit ; qu’ils aient ou non jamais écrit la première ligne de leur roman.

Et puis est venu la lecture de Champion dans la tête. Ce livre, destiné à structurer le mental des sportifs de haut niveau, offre une analyse qui peut être transposée à pratiquement tous les domaines de la vie, y compris l’art et l’écriture.

Ce qui a été inestimable pour mon travail d’écriture, c’est la manière dont l’auteur met en avant le fait qu’un sportif devient un performer quand il est capable de sortir des sentiers battus, voire de devenir un mauvais élève.

Cela peut sembler idiot, mais cela a été pour moi comme une révélation. J’ai vécu la lecture de ce livre comme une libération. Du jour au lendemain, je ne devais plus correspondre aux critères élitistes de la grande Littérature, j’étais subitement devenue libre d’écrire ce dont j’avais envie, ce qui me plaisait et surtout, ce qui me correspondait à moi.

Ce livre a opéré une véritable révolution copernicienne sur ma manière d’envisager l’écriture. Pour la première fois, ce qui comptait n’était plus le regard que les autres allaient poser sur mes écrits, mais ce que moi j’en pensais.

Ce ne fut pas pour autant facile, car les habitudes et les complexes ont la vie dure. Cependant, une fois que vous avez entrevu la lumière au fond du tunnel, vous ne pouvez plus vivre comme si elle n’existait pas.

Etape par étape, pas après pas, j’ai construit ma nouvelle façon d’écrire. Une façon plus libre, plus décomplexée et aussi bien plus heureuse.

Et comme une chose n’arrive jamais seule, une fois que j’ai changé ma façon d’envisager l’écriture et ma carrière en tant qu’auteur, d’autres opportunités d’avancer se sont présentées. Ces autres opportunités sont les deux autres livres dont je vais maintenant vous parler.

Le second livre qui a changé mon écriture, c’est « Write Your Novel from the Middle » de James Scott Bell.

Comme beaucoup d’apprentis auteurs, j’ai lu de nombreux livres sur les techniques d’écriture, depuis « Ecriture » de Stephen King à L’anatomie du scénario de John Truby.

Pourtant, si toutes ces lectures ont été passionnantes, aucune ne m’a servi dans la pratique. J’étais le plus souvent perdue entre les différentes étapes et fiches préparatoires.

Malgré tout, comme je suis plutôt aussi tenace que passionnée, j’ai continué à lire ce type d’essais. Comme seule une petite portion de cette littérature de l’écriture existe en français, j’ai fini par m’attaquer à l’anglais. Cela m’a permis de tomber sur cette petite perle de James Scott Bell. D’ailleurs, si vous lisez l’anglais et êtes passionnés d’écriture, je vous conseille fortement tous ses ouvrages, qu’il s’agisse de l’écriture des pulp fiction ou du marketing destiné aux auteurs.

Revenons à notre mouton, et plus précisément à cette idée maîtresse du livre de Bell qui est d’écrire son roman à partir du milieu.

J’ai déjà parlé de cette technique dans mes billets consacrés à l’écriture d’un roman et vous invite à vous y reporter si vous souhaitez en savoir plus à ce sujet car ce dont je vais parler ici ne sera pas tant technique que l’électrochoc que cela a généré sur ma façon de construire mes histoires.

Jusqu’à ma lecture de Write Your Novel from the Middle, j’envisageais mes histoires de façon linéaire : scène d’ouverture -> élément perturbateur -> péripéties -> climax -> résolution -> scène de fin (je résume ; si vous voulez creuser le sujet, les livres de Snyder sont parfaits pour vous y initier).

Résultat ? Mes intrigues étaient un peu molles et entendues. En fait, elles étaient trop construites dans une logique de cause à effet, ce qui rendait les rebondissements au sein de l’histoire inexistants.

Avec le livre de Bell, j’ai tout à coup entrevu une autre manière de bâtir mes histoires. Une manière alors axée sur le personnage principal et qui est offre alors une façon plus organique de construire l’intrigue.

En quelques heures (c’est le temps que demande la lecture de ce livre), je n’ai plus jamais envisagé le plan d’un roman de la même façon. Et le résultat s’en ressent. Mon dernier roman, La cité des ombres, auto-publié, suscite à chaque fois la même réaction : « on le lit car il se passe tout le temps quelque chose et on se demande ce qui va arriver ensuite. » Et la technique de Bell apporte précisément cela : une intrigue forte remplie de rebondissements. Cette technique, c’est la clé qui permet d’écrire des histoires construites à la manière des blockbusters d’Hollywood, rien que ça !

Je vais à présent aborder le troisième livre qui a changé ma façon d’envisager l’écriture.

Bien que sa lecture se soit située entre « Champion dans la tête » et « Write Your Novel from the Middle’, je le présente en dernier.

Ce choix tient du fait qu’il ne parlera peut-être pas à tous ceux qui visitent régulièrement ce blog car il est purement consacré à l’auto-édition.

En 2018, j’ai sauté le pas et décidé d’auto-éditer un recueil de nouvelles et la nouvelle qui avait été sélectionnée par le Prix du Jeune Ecrivain.

Ce fut en soi une bonne expérience et le fait de sortir deux formats courts m’a permis de tremper le bout de mes orteils dans le monde de l’auto-édition . J’ai pu alors me rendre compte 1/ que ce type d’édition me correspond tout à fait, voire même plus que l’édition à compte d’éditeur ; 2/ que je n’étais pas tout à fait préparée à l’expérience.

J’ai donc commencé à me documenter et comme les Etats-Unis ont quelques longueurs d’avance sur ce sujet, j’ai commencé à lire des livres en anglais jusqu’à découvrir un livre écrit par un collectif d’auteurs : « Write and Grow Rich. » Le titre est calqué sur le livre très connu de Napoleon Hill et, si vous souhaitez vous auto-éditer, je vous le conseille plus que chaudement.

En fait, ce livre est un incontournable. Non seulement pour le nombre d’expériences qu’il regroupe, mais aussi pour les idées, les conseils et les perspectives qu’offre le monde de l’auto-édition.

Nous vivons aujourd’hui à l’ère de l’information, il n’a jamais été aussi facile pour un auteur de vivre de sa plume qu’aujourd’hui (et je maintiens cela malgré les actions (légitimes) « Paye ton auteur » et l’effondrement de la structure culturelle en France – qui d’ailleurs concerne essentiellement la France et non tout le monde francophone). Ce que je veux dire, c’est qu’à l’heure actuelle, il existe bien des manière valables d’être écrivain et que les systèmes d’hier ne sont plus les opportunités d’aujourd’hui et de demain. Si vous partagez cette idée, alors des livres comme « Write and Grow Rich’ sont faits pour vous épauler dans votre démarche.

Quoi qu’il en soit, gardez à l’esprit que ce qui compte, c’est que vous fassiez, lisiez, écriviez ce qui vous plaît et vous rend heureux. Le reste est silence (ou brouhaha).

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