Ma vie d’écrivain

Écriture : Et si on inventait sa propre méthode ?

Si vous êtes comme moi, de nature plutôt impatiente, vous avez envie que votre livre soit déjà fini alors que vous n’en avez pas encore écrit la première phrase.

Avant, j’étais ce qu’on appelle en anglais plutôt un « Pantser ». C’est-à-dire que j’avais tendance à écrire au feeling, tête baissée. Cela avait ses avantages :

  • Une écriture vibrante (un peu comme prise sur le vif)
  • Une écriture très visuelle (rendu des images que j’avais dans la tête)
  • Une écriture très brute au niveau des émotions (et qui prennent le lecteur plus par les tripes que par le cerveau)
  • Un enthousiasme franc (à peine imaginé, hop je me lance dans le projet)
  • Du suspense (ben oui, j’ignore moi-même ce qui va arriver dans mon histoire)
  • Mille projets à la fois (car mille idées en tête et, rappelez-vous, je suis de nature impatiente)

Mais ces avantages avaient leur revers de médaille :

  • Une productivité inégale (le début démarrait sur les chapeaux de roue, ensuite l’écriture se faisait plus lente et plus pénible)
  • Pas mal de mes textes n’ont jamais rencontré le mot « Fin » car j’étais tombée dans une impasse avec mon histoire et ne savais pas comment en sortir
  • Celle qui atteignaient le mot « Fin » rencontraient des problèmes de construction (vois ci-dessous)
  • J’avais peu de logique dans l’enchaînement de mes épisodes. Je devais retravailler après coup ma structure, bouger des scènes, du coup les réécrire
  • Le rythme de mes histoires était inégal, des scènes identiques se suivaient d’un bloc
  • Je devais réécrire et retravailler beaucoup pour apporter le fini que j’attends d’un texte

Pendant un temps, j’avais trouvé une parade : écrire à l’instinct des scènes de différentes parties de mon histoire. C’est ce que j’ai fait pour mon premier roman, accepté et publié par une maison d’édition. J’avais distingué 5 étapes ou périodes dans mon histoire et j’écrivais ce qui m’inspirait sur le moment. Je traçais ensuite une ligne dans mon document Word et écrivais une autre scène.

Au bout de trois mois d’écriture quotidienne, j’ai imprimé le tout, me suis armée de ciseaux et ai découpé chaque scène. Je les ai relues une par une et les ai classées en cinq tas selon l’endroit de l’histoire qu’elles racontaient.

Ensuite, j’ai repris chaque période de mon histoire et ai classé ces scènes entre elles. Force a été de découvrir que j’avais parfois écris trois fois la même et que d’autres enchaînements manquaient cruellement.

J’ai fait cela pour toute l’histoire et suis ensuite retournée à l’écriture afin d’ajouter les scènes qui manquaient à mon histoire.

Une fois l’histoire complète, je l’ai imprimée, relue et fais des corrections.

Je l’ai ensuite envoyée à des maisons d’édition et l’une d’entre elles l’a acceptée (Les Éditions Phi, l’éditeur le plus important du Luxembourg).

Cependant, cette technique incluait pas mal de perte (de temps, de texte) et s’adapte mal à des délais imposés, ce qui s’est produit quand j’ai commencé à écrire des livres comme « nègre littéraire ».

L’avantage, quand vous êtes le porte-plume, c’est que quelqu’un d’autre vous fourni la trame, les épisodes et la structure de l’histoire. Parfois, vous avez aussi des personnages. Ce qu’on vous demande à vous, la plume, ce sont les mots et le style.

Électrochoc.

De « Pantser », je devenais quelque peu « Plotter » (ceux qui préparent toute l’intrigue de leurs romans.

En un sens, je n’ai pas trop remis en question ma manière de faire car je continuais à écrire au feeling des scènes dans le désordre. Mais ce qui avait changé, c’est que j’avais moins de pertes au niveau du texte. Je n’avais pas non plus de scènes manquantes car je savais d’avance les étapes dont l’histoire avait besoin.

Quand je suis revenue à mes projets personnels, je me suis alors rendue compte que ma méthode de départ était une méthode peu efficace. Je retombais dans mes travers de départ : beaucoup d’idées, beaucoup d’enthousiasme, des textes finis (s’ils atteignaient le mot « FIN » souffrant toujours des mêmes problèmes de structure.

Or les problèmes de structure, pour une histoire écrite, c’est un peu comme une maladie incurable : ça s’infiltre partout et malgré l’énergie, le temps et toute votre volonté, votre histoire finit par être inhumée dans un des tiroirs de votre bureau.

J’avoue que cela a fortement entamé la confiance que j’avais en moi en tant qu’écrivain et dans mon écriture. Toutes mes réussites passées me semblaient être le fruit du hasard plutôt que le résultat de mon travail ou la preuve d’un quelconque talent.

J’ai alors commencé une longue période qui s’apparente à l’anorexie de l’écriture : je n’écrivais plus rien – à quoi bon, cela ne me plaisait pas.

Cependant, quand on aime les textes, on reste dans le domaine et c’est ainsi que j’ai fini dans une société qui travaille dans le domaine de « l’Entertainment ». Mon travail ? Écrire des synopsis de films et d’épisodes de série. J’ai aussi commencé à lire pas mal de livres sur les techniques de scénario car, à force de résumer des films, on s’intéresse aussi au travail qui se trouve derrière.

Et ainsi, on découvre l’univers des « Plotters » qui préparent toute leur histoire à l’avance. Qui font des fiches personnages, qui font des plans de leur univers, qui prévoient jusqu’à la moindre mouche qui vole dans leur histoire.

Je me suis dit « Pourquoi pas faire pareil ? » Résultat ? Horreur ! Malheur !

Je trouvais cela péniblissime.

Ce que j’aime, c’est écrire, pas remplir des fiches ni décider pour mes personnages des choses que je ne sais même pas à mon propre sujet (j’ignore par exemple quelle est ma couleur préférée, mon plat préféré et mon goût favori de crème glacée).

Résultat : aucune histoire à écrire en vue. J’abandonnais au bout de quelques jours mes fiches, programmes et autres.

Ma seule écriture se résumait, en dehors de mon travail, à des nouvelles (que vous pouvez télécharger gratuitement ici (attention, personnes sensibles s’abstenir) : https://bit.ly/2DMm4dL)

Et j’ai continué à lire ces livres de scénario, d’écriture. Et je continuais à trouver tout cela stérile.

Puis j’ai fait quelques découvertes, notamment celle du flocon de neige (« Snowflake »).

J’ai essayé, suis arrivée au bout des étapes, mais le texte qui en est sorti était certes fini, il avait une structure qui « marchait, mais il est rigide, sans âme. Bref, je ne l’aimais pas et il a rejoint le tiroir dans lequel j’ai enterré ses prédécesseurs.

Cependant, cette expérience a déclenché quelque chose en moi. Il fallait que je tisse ma propre méthode, celle qui préviendrait les dégâts causés par mes points faibles et qui mettrait en valeur mes points forts.

En gros, une manière de faire qui me permettrait de trouver, pour mes propres textes, ce que j’obtenais quand j’écrivais pour d’autres.

Alors j’ai peu à peu, à force d’essai et d’erreur, mis au point quelques étapes sur lesquelles je peux m’appuyer et construire mon texte sans me sentir mourir d’écrasement sous le poids des contraintes.

La voici dans la version qu’elle a aujourd’hui (et qui reste évolutive) :

1/ La chasse aux idées (étape continue, j’en parle ici : https://auroredrey.com/2019/01/21/ecrire-ou-trouver-ses-idees/)

2/ Choisir l’idée et écrire tout ce que je sais à son sujet.

Et cela est finalement assez simple. Il s’agit généralement de celle qui ne quitte pas mon esprit et qui en un sens cherche à s’écrire toute seule (j’ai des scènes qui me viennent toutes seules en tête, je vois les personnages, imagine des rebondissements, je peux imaginer ce que serait l’histoire une fois finie et comment elle se terminerait…), et tout cela, je le note et le range dans une boîte à chaussure dédiée à l’histoire (ces idées seront mes « épisodes » et constitueront ma structure et les scènes de mon histoire).

3/ Je détermine quel est le thème de mon histoire (l’amour, la vengeance, la tromperie, la communication, la confiance en soi…) et je définis deux thèses au sujet de ce thème. Chacune d’elle est son propre contraire (par exemple : thèse 1 : « l’amour est plus fort que tout » ; thèse 2 : « l’amour est une chose fragile que l’on peut détruire facilement » ou thèse 1 : « seules la science et la technologie peuvent sauver le monde » ou thèse 2 : « seuls l’instinct et la foi peuvent nous sauver de nous-mêmes et donc sauver aussi le monde », etc.)

En fait, l’idée ici est de savoir quelle thèse va illustrer chaque scène et d’alterner cela. Par exemple, la scène 1 illustrera la thèse 1 et la scène suivante illustrera son antithèse.

C’est aussi le moment où je décide quelle thèse sera celle du livre (en gros : quelle théorie sera la gagnante de mon histoire).

4/ Je pense au méchant et surtout… à son plan. Que veut-il ? Quel est son but ? Comment veut-il arriver à ses fins. J’écris toutes mes idées, tout ce que je sais à ce sujet, et hop, je le place dans ma boîte à chaussures.

5/ Quand ma boîte est remplie, je sors toutes mes idées et je les remets en ordre. Je réfléchis alors au déroulement de mon histoire : qu’est-ce qui manque ? Pour aller de telle étape à telle étape, comment je peux faire ? Et hop, j’écris de nouvelles idées sans me censurer. Et je les ajoute à mes notes.

(A suivre…)

­– Aurore

Écriture : Comment écrire plus ? – 1

Et si on apprenait d’abord à se connaître ?

Avant de décider de sa destination, il est utile de savoir dans un premier temps où l’on se situe dans le monde, car la route pour se rendre à Rome ne sera pas la même selon que l’on parte de Paris ou de Munich ou de Vérone. Donc, avant de culpabiliser et de se mettre une pression d’enfer, faisons un petit état des lieux.

Où, comment et de quelle manière écrivez-vous ?

Pour le savoir, il faut se faire violence et tenir à jour un petit fichier (oui, oui, un truc avec des chiffres à compter tous les jours), que ce soit une note dans votre téléphone, un compte dans votre agenda ou la tenue d’un fichier Excel.

Et, croyez-moi, tenir ce genre de décompte risque bien de provoquer en vous quelques découvertes bienvenues concernant vos habitudes d’écrivain.

J’ai commencé à tenir un décompte de mes séances d’écriture après avoir lu « The Writing Productivity Bundle » de Monica Leonelle (qui est disponible ici : https://amzn.to/2AYXfbw).

Cette expérience m’a permis de me rendre compte qu’en réalité je suis plus productive que je ne le pense.

Du coup, cela a augmenté ma confiance en moi et en mon écriture de façon assez dramatique. Notamment, parce que j’ai découvert comment écrire plus et quasiment tous les jours.

Cela m’a aussi permis de découvrir le méthode Pomodoro et celle des micro-séances (un billet sera fait à ce sujet).

Maintenant, avec un métier à plein temps, un hobby chronophage et toutes les exigences quotidiennes (lessive, ménage, courses…), je parviens à écrire 700 mots les jours les plus chargés et près de 3.000 les jours les plus productifs. Et le plus incroyable… c’est que je le fais sans même m’en rendre compte.

Alors, comment faire pour connaître sa productivité actuelle ?

Je joins à ce billet un fichier Excel assez facile à remplir.

Il suffit d’y noter la date, le moment ou le lieu de votre séance d’écriture (matin, avant le repas, le soir… ; chez soi, dans un café, une bibliothèque…).

Ensuite, deux possibilités vous sont offertes : limiter votre temps (ce que je fais la plupart du temps) ou vous chronométrer. Vous pouvez facilement faire les deux avec le minuteur ou le chronomètre de votre téléphone.

En ce qui me concerne, j’aime limiter mon temps car ayant une vie assez chargée, il est plus facile pour moi de m’asseoir devant ma page si je me dis que « je n’en ai que pour 10 minutes ». Ou encore, je trouve moins effrayant de me dire « Je travaille à cette scène seulement 25 minutes ». Par contre, si j’ai le temps et que je suis d’humeur, j’écris sans limite et me contente d’activer le chronomètre.

Tout dépend donc du fait que vous êtes ou non dans un bon jour ou dans une routine qui vous donne ou non des plages de temps libre.

Vous entrez ensuite vos temps d’écriture et le nombre de mots écrits.

Il y a cinq entrées dans le fichier, mais vous pouvez en insérer plus si besoin et vous tirez la formule sur vos lignes ajoutées.

Si vous avez effectué moins de cinq périodes d’écriture, contentez-vous de mettre un zéro.

Le fichier calculera ensuite tout seul votre vitesse d’écriture.

Vous pouvez aussi ajouter des remarques comme « séance inspirée », « scène facile », « fait par dictée »…

Au bout de quelques jours, vous allez découvrir ce qui vous rend ou non productif. Ecrire le matin ? Le soir ? Ecrire chez vous ? Ecrire quand vous limitez votre temps ou au contraire quand vous avez toute la vie devant vous ?

Considérez ceci comme une manière de mieux vous connaître. D’autres billets sur la manière de gérer ses temps d’écriture et de les rendre les plus productifs possibles suivront.

– Aurore

Écrire : où trouver ses idées ?

Afin d’écrire la meilleure histoire possible, vous devez récolter un maximum d’idées.

Visez large. Songez à collecter au moins 100 idées pour ensuite choisir celle sur laquelle vous allez écrire.

Quelques suggestions

Suggestion numéro 1 : noter tout

Dès que vous avez une idée, même floue ou stupide, notez-la.

Ne pensez pas que vous vous en rappellerez car ce ne sera pas le cas.

Ayez un carnet sur vous ou, mieux, des petites fiches.

L’avantage des fiches est que vous pourrez ensuite les classer dans des boîtes à chaussures ou dans des petits classeurs prévus à cet effet.

Ces boîtes ou classeurs reprendront des idées d’intrigues, de personnages, des bribes de dialogues, des lieux, des retournements de situation, des indices, des éléments de preuves…

De même, vous pourrez alors rassembler toutes vos idées dans une seule boîte ou classeur : celui de votre roman. Quand celui-ci sera bien rempli, vous saurez que vous avez assez de matière et d’idées pour commencer à écrire.

Suggestion numéro 2 : gardez les idées qui vous semblent stupides

Derrière une idée banale se cache peut-être une idée brillante. Le tout est de la retravailler.

Suggestion numéro 3 : le diable est dans les détails

Même si votre idée est un détail, notez-la. Elle fera peut-être toute la différence une fois insérée dans le roman.

Suggestion numéro 4 : notez aussi les idées qui n’ont aucun rapport avec le roman que vous souhaitez écrire

Elles pourront servir plus tard, pour d’autres projets.

Suggestion numéro 5 : notez aussi les idées que vous avez pour la promotion et la publication de votre roman.

Ne perdez pas trop de temps à réfléchir à cette étape actuellement (avant de penser à promouvoir un livre, il faut d’abord l’écrire).

Cependant, les idées que vous avez aujourd’hui se révèleront peut-être précieuses plus tard.

Quelques techniques pour trouver des idées

Technique 1 –  Associations libres

Partez d’un mot ou d’une phrase ou d’un personnage et laissez libre cours à votre imagination.

Technique 2 – Et si ?

Partez d’une situation et posez-vous cette question magique : « Et si… »

Et si quelqu’un pouvait lire dans vos pensées ? Et si un être cher que vous pensiez mort ne l’était pas ?…

Technique 3 – Partir d’un personnage

Vous avez un personnage en tête et il vous plaît, mais vous ne savez rien de lui ni de ce qui pourrait lui arriver ?

Voici quelques questions pour trouver des idées : « Qu’est-ce qui pourrait lui arriver de pire ? » « Quelle est la meilleure chose qui pourrait lui arriver ? »

Technique 4 – La peur

Vous avez des peurs particulières ? Ou la période actuelle est totalement anxiogène (terrorisme, crise…) ?

Prenez comme point de départ ce qui vous effraie ou ce qui effraie les gens.

Technique 5 – Un problème

Partez d’un problème, d’une situation compliquée qui semble perdue d’avance, que ce soit sur le plan physique ou émotionnel.

Comment est-ce arrivé ? Comment les choses vont-elles tourner ?

Technique 6 – Les journaux

Prenez un quotidien, évitez les gros titres en une et choisissez au hasard un sujet. Comment cette histoire ou cette information pourrait-elle devenir le point de départ d’un best-seller ?

Technique 7 – La science

Cherchez les petites ou grandes avancées scientifiques. Combinez-les entre elles, exagérez-les, appliquez-les à votre vie ou au monde entier : que se passerait-il alors ?

Technique 8 – L’histoire

Partez d’un événement historique.

Technique 9 – Un lieu

Partez d’un lieu. Si possible un endroit inhabituel ou un endroit dans lequel quelqu’un serait piégé. Avec qui est-il ? Pourquoi ? Que va-t-il arriver ?

Technique 10 – Variante du « Et si » à partir d’une autre histoire

Vous avez vu un film ou lu un livre. Vous avez été déçu ou surpris par la direction qu’a prise l’histoire. Vous auriez vu les choses différemment. Ceci pourrait-il devenir la base d’une histoire ?

Technique 11 – Moderniser un classique

Beaucoup de films ou de romans sont basés sur de grands classiques. Il n’existe d’ailleurs, d’après Polti que 36 situations dramatiques.

Quelle histoire fait écho en vous ? Comment se déroulerait-elle aujourd’hui, à l’heure de l’internet, des voitures et des smartphones ?

Bousculez cette histoire, changez-la, réappropriez-vous sa trame pour en faire une histoire originale qui n’a plus qu’un rapport très éloigné avec le classique dont vous vous êtes inspiré.

Technique 12 – Des histoires cousines

Prenez une histoire existante et qui vous plaît et trouvez-lui une cousine en changeant certaines de ses parties et en composant avec les changements que cela impose à toute la trame.

Le saviez-vous : « Roméo et Juliette », « Shakespeare in love », « Twilight » et “Cinquante nuances de Grey » sont en réalité des histoires cousines.

Technique 13 – Faire l’inverse

Prenez une de vos idées ou une histoire et imaginez l’exact opposé de cette histoire. Que serait-il ?

Technique 14 – Les histoires vraies

Les histoires vraies sont souvent fascinantes et ont un écho particulier dans le cœur du public.

Technique 15 – Il n’y a pas de règles

Prenez n’importe quel point de départ, ne vous censurez pas, ne vous jugez pas. Explorez votre idée jusqu’au bout, vous pourrez toujours l’abandonner ensuite si elle ne vous plaît pas, mais pour le moment, la règle est d’être créatif.

– Aurore

Est-ce que je peux devenir un bon écrivain ?

est-ce que je peux devenir un bon écrivain ?

Oui, si vous êtes un minimum doué… et surtout si vous travaillez. Le talent et la maîtrise viennent avec le travail. Cependant, même si cela peut être douloureux à entendre, certaines personnes écrivent mieux que d’autres, et ce, quels que soient les efforts fournis.

Certains auteurs ont une capacité naturelle à saisir la vie et à la retranscrire. Leurs mots sonnent différemment lorsqu’ils sont sur une page et leur texte, son agencement, rend l’histoire qu’il raconte évidente et facile. Mais être doué est loin de suffire.

Et si vous n’avez pas de prédispositions, avec du travail et du temps, vous pourrez produire de très bons textes. Être un bon écrivain, cela se travaille.

Ce qui est important, quand on veut écrire, c’est, d’une part, de ressentir les choses, les gens, les événements et, d’autre part, il faut être capable de restituer ces émotions, ces ressentis, et de les partager avec l’autre. Il faut parvenir à dire « vrai » et à émouvoir les lecteurs. Car tout texte, toute histoire doit en réalité tourner autour d’une seule chose : le LECTEUR. Et pour que son expérience de lecture soit réussie (=si vous voulez qu’il tombe amoureux de votre texte), vous devez lui faire vivre une aventure, lui faire éprouver des sensations et des émotions qui le transportent et le font voyager dans l’imaginaire.

Ensuite, pour devenir un bon écrivain, il faut parvenir à libérer « sa voix », OSER coucher les mots qui nous viennent sur le papier et non les retenir ou les travestir, de peur d’être jugé ou d’échouer.

C’est peut-être une des choses les plus dures pour un écrivain : être capable de s’exprimer sans fard, de laisser les émotions brutes s’exprimer avec notre propre ton de voix et notre propre rythme.

Souvent, on n’ose pas écrire vraiment, on a peur que ce qu’on écrit ne soit pas bon, on n’assume pas ce que l’on voudrait dire ou l’on a soi-même peur de ses propres pensées et de ses propres émotions. Or le lecteur ressent tout cela et si vous vous censurés, il le ressentira aussi et votre texte sera plat, emprunté.
Plus vos textes seront personnels et empreignés de vos sentiments et de « votre » vérité, plus ils auront de chance de trouver un écho auprès du lecteur.
Et c’est au cœur de ce paradoxe que sommeille toute la magie de l’écriture : en disant l’unique, en se livrant dans ce qu’il a de plus intime et de plus personnel, l’écrivain touche à l’universel.

Est-ce que j’ai du talent ?

En écriture, comme dans toute forme d’art ou tout sport, il est rarement affaire de talent.

Il est sûr que certaines prédispositions ou « dons » avantagent au départ, mais c’est surtout le travail qui finit par faire toute la différence entre un écrivain accompli et un qui ne l’est pas (encore).

Quand il s’agit d’écrire, il en va comme pour le reste : il faut assimiler toutes sortes de technique, même si ce n’est que passivement (à force de lire) et pratiquer (à force d’écrire).

Et sur ce point, tous les grands auteurs, que d’aucuns jugent « talentueux », s’accordent : pour devenir un écrivain valable, il faut écrire et si possible écrire beaucoup.

Malgré l’idée romantique que l’on se fait de l’écrivain génial qui parvient à écrire une oeuvre intemporelle le temps d’une nuit, d’une semaine ou d’un mois, la réalité est qu’il faut du temps et de la pratique pour devenir bon, et ce qu’il s’agisse ou non d’écriture. Et que parfois, ce qui semble être créé en l’espace de quelques heures, quelques jours ou quelques semaines, a en réalité été longuement mûrit, même inconsciemment.

L’art d’écrire est une chose qui se travaille et se prépare. Certains parviennent à assimiler tellement facilement les normes qui font qu’un texte est bon que lorsqu’ils se mettent à écrire, ils peuvent le faire à l’instinct et sans filet. Cependant, c’est par la lecture et la pratique de l’écriture qu’il a appris et deviné intuitivement ce qui fait ou non une bonne histoire. Et c’est souvent cela que l’on appelle à tort « talent ».

En réalité, il y a peu de chance, si vous débutez, que vous ayez du talent. Et ce, même si vous êtes doué. Pour développer votre talent, il faudra que vous trouviez votre voix, votre manière d’écrire, vos stratégies créatives. Et sachez qu’il y en a autant que d’écrivains.

– Aurore

Nouvelle démarche : la foire aux questions

Au cours des prochains billets, je vais essayer de réfléchir à ces questions qu’en tant qu’écrivains nous nous posons tous tôt ou tard. j’en profiterai aussi pour partager avec vous le fruit de mes expériences (réussies ou ratées) et de mes lectures sur un sujet particulier.

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J’espère ainsi vous donner matière à réflexion et vous permettre de découvrir certaines techniques que, peut-être, vous ignoriez jusqu’ici.

Et si des questions vous tarabiscotent, n’hésitez pas à m’envoyer un mail. J’essayerai d’y répondre dans un billet dans la mesure du possible.

– Aurore